lundi 18 mars 2013

Life on the train


   Train travel has been said to be the most humane way to travel: You have your own bed, place to eat, restaurant if you wish, toilet, people to engage with and the time to reflect on the distance you are covering, plus the chance to see it out the window, slowly making your way west, changing the time by one or two hours when you cross time zones. We have spent many days on trains since we left home, are getting quite used to it, and have adapted quite well to it. We have our routine, favourite bunks, favourite meals, and favourite travel clothing, amongst many other things.
   There is also, along the way, moments of joy, pain, sadness and anticipation. The joy, for instance, of meeting other people. So far in Russia, the people we have met have been locals, moving home from work or to a job, going to see friends or family, or any other reason. The ones we have been lucky to meet have been Vladimir and his coworker Alexey, Dima, Anatoli and Irene and not to forget Yarolslav (who we didn't meet on the train but was incredibly helpful and generous to us in helping us cross lake Baikal and inviting us to his house in Moscow, and showing us an incredible time both on the lake and in his home).
   The pain we have felt has been in being sick while on board, or awkward situations with grumpy babushkas, or local rhinos, awful sleep or just smashing my head constantly on the upper bunk (I haven't adapted to having short hair yet, I had a curly buffer zone between my head and objects for so long). Nothing too painful to note really, but it is worth mentioning.
   Sadness comes in departing the new friends we have met along the road. It's hard to explain but on the train (or just in travel in general) the friendships are short lived but often intense as the communication is never easy. Sometimes you have to get really creative to get a message through. One such moment that sticks out for me was when a man (who spoke only russian) was, after learning that I was a teacher, disappointing when I didn't know a specific author. After explaining to him that I was a math teacher, the lady opposite me tried to communicate by giving me a formula to factor. After doing the problem, she made a gesture and, what I assume, explained to the guy that I may not know literature but I do speak the language of math which is international. She was also a math teacher, we got along well. 
   You also share a very small living space with these people. It's like going from meeting someone on the street to being their prison mate in moments. You eat with them, sleep next to them, smell them, hear everything and get in their way and them in yours. Sometimes you just tolerate them, but when the friendship develops, it is hard to see them go after the few hours you spend with them.
   The anticipation comes just before you arrive to the train, the anticipation to move, to travel and sometimes, just to arrive.










8 mars, journée de la femme

Premier arrêt après le lac Baikal, la ville de Novosibirsk, capitale de la Sibérie. Surtout dans le but de revoir un russe rencontré en Mongolie à qui on avait promis de donner des nouvelles lorsqu'on passerait dans son coin.  On lui écrit donc un message en lui disant que nous arrivons le 8 mars en fin d'après-midi, en pensant rester une nuit même si, dans les faits, le temps nous manque un peu dans notre course folle à travers la Russie. Avec un visa de 28 jours seulement, diffcile d'avoir le temps de s'arrêter partout.

Mais, oups....nous avions oublié la date! On est le 8 mars, le jour de la femme, intensément célébré en Russie! Pas question pour lui de sortir voir deux canadiens rencontrés brièvement en voyage pendant que sa copine reste seule à la maison! Il nous écrit qu'il ne peut se libérer.

Changement de plan de dernière minute de notre côté. Improvisation fructueuse. La ville n'étant pas particulièrement attrayante pour y passer trop de temps si on n'y connait personne, on décide de s'acheter des billets pour le prochain train, vers Yekaterinburg, ville plus intéressante historiquement pour y faire un ''vrai'' arrêt. Nous avons donc 5-6 heures entre les deux trains. On entreprend de faire une expédition éclair de Novosibirsk en attendant de prendre le train pour y passer la nuit. 

Nous avions oublié d'inclure le blizzard dans notre plan! Quelle aventure loufoque! Déambuler dans les rues pour le plaisir, pour rire, par un temps pareil! Avec sacs à dos en plus. En y pensant bien, ça devenait tellement ridicule de se promener dans cette tempête, le visage gelé, la tête penchée pour avancer, dans les rues immensément larges aux trottoirs gelés, en cherchant les choses les plus inusitées à faire pour passer le temps et essayer de comprendre cette ville. Visite des squares, immense statue de Lenine etc... Arrêt beaucoup trop long dans une cafétéria, plus que 2 heures avant le train. On s'est alors souvenu qu'il y avait un monument assez étrange et inutile soulignant le premier feu de circulation de la ville(!?). On avait ri en lisant ça! Des monuments pour commémorer des héros de guerres, ok, mais un feu de circulation, vraiment!?

Mais voilà, nouveau but de la journée, trouver ce monument! Pourquoi pas! Peu importe la tempête. C'est à ce moment que j'ai pleinement réalisé que je suis une femme chanceuse, car j'ai quelqu'un d'aussi fou que moi pour partager ces moments de délires, de folie en pleine Sibérie. Je n'échangerais pas cette célébration particulière du 8 mars pour rien au monde.

Et oui, on a trouvé le monument! Il est décevant, c'était prévisible, mais ce n'est pas ça qui compte. 
   




Baikal

Nous avons descendu du train à Severobaikalsk, au nord du lac Baikal. Jusque-là, nous étions sur la ligne de train BAM. Maintenant, nous devions aller rejoindre la ligne principale qui passe au sud du lac, à Irkutsk. Il n'y a pas 1000 façons de s'y rendre. Aucune route ni aucun train ne fait le tour du lac. L'été, on traverse en bateau, l'hiver, durant deux mois, lorsque le lac est gelé, sur la route de glace. Dans les saisons transitoires, en avion. Nous avions espéré être à temps pour la route de glace et notre voeux a été exhausé. La glace était à son maximum d'épaisseur, environ 1 mètre, ce qui est plus que suffisant pour y conduire en voiture. On m'a dit que 20 centimètres suffisent. Malgré tout, on peut comprendre que l'idée est plutôt effrayante. Il s'agit du lac le plus profond du monde, 1637 mètres de profondeur! Et j'allais le traverser dans une voiture! La frousse irrationnelle de passer à travers la glace ne me quittait pas, mais tout le monde me rasssurait qu'il n'y avait aucun danger pour la partie nord du lac, de Severobaikalsk à Ust-Barguzin, car c'est moins profond et qu'il y a moins de craques. La neige peut être un problème mais notre chauffeur, Mikhail, était expérimenté. Ce qui ne l'empêcha pas de nous offrir un triple shooter de vodka lors du premier arrêt...à 11h du matin! Ça réveille! Mon coeur débattait lorsque nous avons embarqué sur la glace dans notre super Lada Niva, avec notre chauffeur au casque de fourrure avec l'accent russe le plus incompréhensible rencontré à date. Aucune façon de communiquer alors on fait confiance et on sourit. La vue était spectaculaire, les montagnes enneigées, le lac gelé à perte de vue. Beaucoup de neige, donc impossible de vraiment voir la glace limpide dont j'avais entendu parler. Neuf heures de route plus tard, nous arrivions à destination, village d'Ust-Barguzin, sur la rive est. On allait passer la nuit dans une auberge pour poursuivre notre route en bus le lendemain.

Notre contact à Severobaikalsk ne pouvait pas nous promettre de trouver un chauffeur pour la deuxième moitié du lac, puisque c'est plus dangereux. Il suggérait de prendre un bus dès que nous atteindrions le village, où la route commence. C'était le plan logique. Mais les plans ne sont pas faits pour être suivis et ils changent à chaque jour. C'est ce qui fait la beauté de notre voyage jusqu'à présent.

C'est donc ce soir-là que nous avons eu la chance de rencontrer Yaroslav, qui a tout simplement changé notre voyage en Russie. Jon faisait une sieste, moi je lisais au salon. On se reposait en attendant l'heure du souper. Yaroslav s'asseoit, on fait connaissance, on discute un peu. Je lui raconte brièvement notre voyage et nos plans pour le lendemain. Trente minutes plus tard, il revient me voir et me dit de laisser tomber mes plans. Il a une meilleure offre pour nous. Avec notre chance incroyable, il m'explique qu'il est dans l'équipe d'organisation de la course Expedition. Une course de 4x4, de 16 000 km à travers la Russie, de Murmansk à Vladivostok! Les participants sont attendus au lac Baikal quelques jours plus tard et il doit préparer une épreuve spéciale sur la glace avant de repartir pour la ville d'Irkust, ville où nous voulons nous rendre. Il est équipé d'un Nissan Safari avec tout ce qu'il faut pour les conditions du lac: un pont portatif pour passer les craques, un chauffeur expérimenté ''ice guide'', équipement radio et GPS. Il nous offre donc de l'aider pendant une journée à installer des signes sur la glace en prenant les coordonnées GPS que les participants devront trouver. En plus, ça lui permet de pratiquer son anglais. En échange, il nous fait visiter cette section incroyable du lac, nous le fait traverser et nous dépose à Irkustk trois jours plus tard! Difficile de refuser! Cette section est la plus profonde du lac, a moins de neige et la glace est à découvert par endroits. On y a passé trois jours au total, à conduire, marcher, picniquer. On a développé nos talents de ''professional signfreezers'' ce qui est devenu la blague avec Yaroslav plus tard, quand nous avons rejoint l'équipe d'organisation qui lui demandait constamment qui nous étions. Il répondait en gardant son sérieux : ''They are professionnal canadian sign freezers''. Personne n'osait lui en demander plus, ne sachant si c'était vrai ou non! Trop drôle!

Le lac est magnifique. La glace, parfaitement transparente. Ce qui permet de voir beaucoup plus profondément qu'on le voudrait parfois! On peut voir les craques gelées d'un mètre, parfois plusieurs épaisseurs aux formes étranges. Les vraies craques qui bougent sur le lac sont les plus impressionnantes. Elles peuvent être ''vivantes'' ou ''mortes''. Les mortes sont celles qui ont gelé à nouveau en créant parfois une montagne de glace au point de contact. On peut conduire par-dessus. Les vivantes sont celles qui sont dangereuses. Elles bougent encore et ne sont gelées qu'en surface. On doit les traverser soit en passant à toute vitesse si elles sont petites, ou en utilisant le pont portatif si elles sont trop larges. Tout le monde est calme, sauf moi, qui me dit que c'est ''légèrement'' stressant de voir de l'eau en plein milieu du lac quand on sait qu'il y a plus d'un kilomètre sous nos pieds! Ouf!

Le dernier soir avant l'épreuve, nous allions rejoindre les équipes pour un party organisé SUR la glace! Chapiteau, bar de glace, feux extérieurs, bain traditionnel coupé à même la glace du lac avec un trailer transformé en sauna à côté! On se fait offrir une chambre d'hotel, puis du vin chaud, puis des shooters bus dans un trou coupé à même le bar! Notre ami s'avère être un ''party animal'' qui coure d'un groupe à l'autre, danse sur les tables, sert l'alcool derrière le bar etc.! Tout ce temps, Jon et moi ne comprenons rien de ce qui arrive. Comment a-t-on pu se retrouver là, dans un party sur la glace, un verre de vin à la main?
Après ''quelques'' consommations, Yaroslav vient nous chercher pour nous dire que notre expérience de la Russie ne sera complète que si nous allons prendre une banya et un bain dans le lac! On refuse catégoriquement car on est déjà congelés d'avoir passé trois heures dehors. Puis, je vais voir le site et je réalise que c'est une chance exceptionnelle qui ne se représentera jamais. Je me décide, j'y vais. C'est complètement insensé mais je dois le faire. Jon refuse! Je le comprends! Quelques minutes plus tard, je me retrouve en sous-vêtements (que j'ai bien fait de garder) dans un sauna habituellement réservé aux hommes, tous nus. Je ne comprends rien de ce qui se dit, la chaleur est insuportable, mais pas autant que l'idée de devoir aller me submerger dans le lac glacial. C'est le moment, je prends mon courage à deux mains! J'entre dans l'eau, complètement, tête comprise. Le souffle coupé, je bondis hors de l'eau mais Yaroslav m'arrête à mi-chemin en me disant que la tradition russe est de le faire trois fois! Are you kidding me? Nope! J'y retourne! Je crie en sortant et je cours me réfugier au chaud dans le sauna. Lorsque je reviens à la vie, Yaroslav m'annonce que je dois le refaire deux autres fois...pour compléter la tradition! Je ne pose plus de questions, j'y retourne. Assez intense comme expérience mais je ne le regrette pas une minute, même si ça n'a en rien aidé à guérir mon rhume!

Finalement, en arrivant à Irkutsk, nous avons passé trois jours en couchsurfing avec une famille locale. Accueil chaleureux et échange d'expériences de vie et de voyages. Ils nous ont amené au lac Baikal pour patiner et picniquer. Encore une fois, expérience riche. Parfait pour compléter notre expérience de cette région et ensuite poursuivre la route en train, vers l'Ouest.













































The untold story of Mongolia

This is a story from way back in Mongolia that affected us quite a bit. Even with our  "24 hour rule" (everything is funny after 24 hours) we had to let this one brew a little while before it became funny. So here it is as an excerpt from my journal:

   ...we took off to Zunmod to walk back to UB via the park containing Mandshir Khiid where we started our hike. The hike we did, using the GPS but without the proper coordinates. Needless to say we got lost. The terrain was spectacular throughout but near the end we ran into a barbwire fence. As it turns out that is the edge of the presidents yard. We tracked along the fence over a ridge and down into another valley. Thinking we would be OK we re-descended to find the same fence. So we continued along the fence until it ended. It wasn't supposed to end, which we find out later. We descended into the valley to a road. The nicest road we had seen yet in Mongolia. Because it is the f?*&ing (censored from the journal) presidents driveway. By this point in the hike my sweet army pants were ripped from c*&k to crack and I'm strolling down the driveway to the Mongolian "White House," c*&k out! I put my spare shirt around my waist to put "the beast" away and moments later we are met by an AK-47 wielding Mongolian army guy. He guided us to the entrance where we had to explain what the f*&k we were doing there. Méliane was in a panic and I wasn't much better. We were forced to call Buma (note: our friend from the train from Zaminuud to UB the first day in Mongolia, this was also after we had tried to explain to the military guys personally why we were there when it finally dawned on us that we knew someone who could translate for us). F*&cking savior. He came down to translate for us. We were supposed to leave our passports and pick them up the following day at the Army central office, but we had tickets to Khovd the next day. He managed to convince them that he would go in our place so that we could keep on travels. I'll say it again: F*&king savior! The whole ordeal took 4 hours, plus the 8 it took to hike including the fact that we were out of food and water. Buma took us home and we copied our plane tickets for proof and he left...
   ..but the 29th was in my top 3 worst days of my life.

mercredi 6 mars 2013

Changement de décor

Le cœur nous débat en attendant de descendre pour passer les douanes, en espérant que notre visa soit en règle. En regardant ''Владивосток'' écrit sur le toit du port, je me dis que ça y est, ce drôle de rêve que personne ne comprend vraiment se concrétise enfin.

Le froid est déjà glacial et pourtant pas encore au pire puisque c'est une ville côtière. Première soupe borchtch, premier "морс" (jus de fruits des champs), premiers блины (blinis/crêpes) au caviar.
Encore une fois, le couchsurfing a entraîné une série de merveilleuses rencontres. Galina nous a invités a la dernière minute et on a eu la chance de passer une soirée avec elle et son ami Dima et discuter jusqu'aux petites heures du matin!

Ensuite on s'embarque non pas sur le fameux trans-sibérien mais plutôt sur la ligne de train BAM (Baikal-Amure-Mainline) qui va à une vitesse de tortue et n'a qu'une voie donc avec arrêts fréquents pour laisser passer d'autres trains. Mais quelle expérience! Cette route passe plus au nord, pour rejoindre le gigantesque lac Baikal par sa rive nord, au milieu des montagnes. Nous avons fait quelques arrêts en route. D'abord à Komsomolsk, où nous avons eu un accueil spectaculaire. D'abord d'un militaire ayant pitié de 2 pauvres voyageurs essayant de recharger la pile de leur téléphone dans la gare, sans grand succès! Ce fut le moment de mettre à rude épreuve mes maigres connaissances du russe! Je ne comprends rien! Ou presque! Mais ça me sert énormément pour les questions de base, pour débuter les conversations et surtout pour gagner un petit sourire sur le visage de ces gens à l'accueil initial un peu froid. Il est même venu nous reconduire lui-même, en insistant pour payer le taxi, jusqu'à la porte des gens chez qui on allait rester, au théâtre KnAM!! 
Et quelle belle énergie que dégage les membres de la troupe! Théâtre d'avant-garde au milieu de la Sibérie,  connu internationalement mais ayant de la difficulté à survivre dans leur ville natale. Ville qu'ils aiment pourtant profondément et qu'ils ont su nous faire apprécier, malgré la sombre histoire de sa construction par les prisonniers des goulags.

Retour sur le train pour 3 jours avec seule escale à Tynda pour 5 heures, durant lesquelles la Sibérie nous a frappés de plein fouet. Température de -30 degrés celcius, chapeaux de fourrures haut de forme omniprésents, vapeur sortant du train lors de l'ouverture des portes, blocs appartements soviétiques. Mais la Sibérie c'est aussi les villages avec maisons en bois rond parsemant le paysage, la neige, les bouleaux et conifères à perte de vue et les montagnes devenant de plus en plus grosses et escarpées en s'approchant du lac Baikal.
C'est aussi la curiosité des voyageurs russes à notre égard. Vladimir a été une rencontre surprise au vagon-restaurant. Il ne parle pas un mot d'anglais alors j'avais une fois de plus le cerveau en bouillie à chercher mes quelques mots en russe! Mais, en moins d'une heure, on avait un nouvel ami adepte de plein air, on buvait du vin et de la vodka et mangeait du porc salé avec lui dans son compartiment. Il nous a même invités dans sa ville natale pour aller skier si jamais on passait par là! Go Russia! A ce moment, nous avions par contre l'aide d'un élément magique pour discuter plus en détails, puisque je peux maintenir une conversation russe quelques minutes seulement hihi. Un ordinateur! Avec un programme de traduction russe-anglais! Simplement génial pour ces situations! C'était bien épatant d'avoir des conversations et réactions décalées dans le temps mais de se comprendre malgré tout!

La suite de nos aventures en Sibérie est encore plus excitante, mais je ne peux passer plus de temps sur l'ordinateur aujourd'hui! Ce sera pour une prochaine fois!