samedi 7 septembre 2013

Je voudrais être madelinot...

En fait, il n'y a eu aucun point commun durant notre voyage, nous avons été constamment bombardés de nouvelles cultures, langues, paysages, climats. Le retour à Montréal avait assurément fait du bien. Mais c'est en arrivant aux Iles-de-la-Madeleine, où l'on m'a offert un contrat pour l'été, que j'ai vraiment senti que je revenais à la maison. Sûrement parce que c'est ici que j'ai eu mon dernier chez-moi? Mais aussi parce que je m'y sens foncièrement bien. J'avais l'impression de venir m'y ressourcer avant une prochaine étape encore inconnue, nébuleuse...
Un été beaucoup plus calme que les derniers passés aux Iles...Besoin de repos, de routine, de soupers et de feux entre amis. J'ai été servie. Une merveilleuse colocation dans la maison du bonheur au Gros-Cap. Du cirque, de la folie, de la balle molle, du kite, du camping et de la pêche...Ah oui, et du travail bien sûr!

Maintenant que mon séjour insulaire tire à sa fin, j'ai un petit pincement au coeur. Mais la prochaine étape se dessine peu à peu et c'est vers l'Ouest que nous nous dirigerons cette fois-ci à l'automne. Pour se rapprocher de la famille et des amis de Jon. Et vivre de nouvelles aventures. Les Iles seront certainement difficiles à battre mais je crois que nous saurons nous plaire sur la côte ouest.
Surtout que le chemin pour s'y rendre sera progressif. Road trip avec plusieurs arrêts en chemin en perspective, pour voir les gens qu'on aime, maintenant éparpillés un peu partout dans le pays! Et bien sûr pour voir les rocheuses de plus près, en chemin, tant qu'à passer par là. À suivre...












































Retour au bercail



En route vers la maison. Taxis, navettes, trams, avions. Attentes si longues dans les aéroports. Nuit blanche. La totale. Avec des papillons dans le ventre chaque fois qu'on pense au fait que cette fois-ci, c'est le retour. Pour vrai. Pas seulement une autre destination dans le voyage.
Mélange d'excitation de revoir nos proches, d'anticipation concernant la suite des choses et la réalisation que cette aventure est finie. Il y en aura d'autres, certainement. Mais ce chapitre se termine et c'est triste et agréable à la fois.

Nous sommes passés par toutes les émotions durant le vol. Mais une fois atterris à Montréal, c'est l'excitation qui a repris le dessus et c'est étonnamment avec un grand des sourires qu'on s'est séparés à l'aéroport de Montréal pour aller faire une surprise à nos familles respectives, chacun de notre côté du pays. Après tout ce temps passé ensemble, on entrevoyait avec joie ces quelques semaines chacun de notre côté. Curieux de voir comment ce serait d'être à nouveau seul, de décider pour soi et non en équipe, de ne pas avoir le même quotidien, 24h sur 24.

Le meilleur moment de mon retour fut la surprise chez mes parents. Pas facile de surprendre une mère qui lit si bien sa fille. Mais j'ai réussi! Je leur ai fait croire que mon vol était le lendemain et qu'ils viendraient me chercher à l'aéroport à ce moment. Donc, personne à l'aéroport. Parfait. Je n'avais pas envie d'un comité d'accueil qui m'attendait ni de vivre le choc du retour de façon drastique.
J'ai préféré prendre mon temps et me diriger vers la Rive-Sud tranquillement, par les transports en commun, avec mon moi-même et mon sac à dos, question de revenir tranquillement, en continuant le rythme du voyage. Rien ne pressait...et au nombre d'heures passées dans des transports durant 8 mois, ce n'est pas 1h30 de plus qui y changerait quelque chose.
Voir défiler les paysages connus et le nom des rues du centre-ville m'a fait un drôle d'effet. Prendre le métro, avec des stations au nom familier, sans me soucier d'étudier scrupuleusement la carte du réseau au préalable. Sentir l'odeur particulière du métro de Montréal. Puis...prendre l'autobus jusque chez mes parents...remettre mon sac à dos pour le dernier 300 mètres. M'arrêter devant la maison. Sonner à la porte et attendre que mon père vienne ouvrir. Puis, pleurer à chaudes larmes dans ses bras, bien entendu! Magique! Parfait comme retour!
Home sweet home.


Barcelone...dernier arrêt!

Barcelone, dernier arrêt avant d'entamer le chemin du retour.
Andrea, rencontrée en Thaïlande et vivant à Barcelone depuis peu et nous invitait chez elle! Quel week end! Je comprends maintenant beaucoup mieux l'intensité associée à cette ville. Elle nous avait dit qu'elle ferait de notre dernier arrêt un moment mémorable. Elle a réussi.
Elle vit dans le sympathique quartier de Graçia, où elle s'est emménagée un joli appartement avec terrasse, chose rare dans ce coin de la ville. Nous étions ses premiers invités depuis son déménagement de Munich et nous avons été gâtés. Sorties avec ses amis dans le quartier gothique, restos et bars hors du circuit touristique, absinthe inclue. Je n'aime toujours pas le goût de l'anis, mais bon.
Bar vieux de plus 150 ans, toiles d'araignées en prime. Une visite guidée de la ville! Mon foie était un peu fâché par la suite, mais que de belles rencontres.
Clin d'oeil personnel à certains moments vécus dans la même ville avec Marie-Ève 4 ans plus tôt. Impression de déjà vu par moment, que personne ne pouvait vraiment comprendre. Intéressante façon de boucler la boucle pour la fin de ce voyage.
Le départ un peu précipité à 4h30 du matin avec l'idée de ne pas dormir avant de prendre notre vol Ryanair n'a pas été l'idée du siècle. Par chance nous avions un dernier 24h à Paris pour nous en remettre avant le dernier vol de retour pour le Canada.









Visites chez les amis


Petit arrêt en Bourgogne

Après la semaine à Paris, nous avons décidé de prendre le temps d'aller visiter les amis. D'abord Julien et Éva, rencontrés quelques années plus tôt lorsqu'ils vivaient à Montréal. Ils se sont depuis ce temps installés dans la région d'Éva, à Dijon. Merveilleuse sensation que de retrouver des amis après tout ce temps sur la route. C'est un peu comme revenir chez soi avant le temps. Que de belles soirées passées à se raconter nos dernières années avec un bon verre de vin (encore!) en main. Ils nous ont fait visiter la région malgré le mauvais temps et nous avons adoré. Vignobles à perte de vue, premières odeurs printanières. Sans oublier les dégustations de pavés, saucissons, vins, fromages, etc.(encore!!!), qui, je l'avoue, ont sûrement contribué à mon appréciation générale de la région! J'en ai même oublié les photos souvenir.

Nous voulions ensuite nous rendre dans les pays basques et pensions y aller directement. Erreur. Comme toutes les routes sont concentriques vers Paris, il était plus rapide et moins dispendieux de retourner dans la capitale d'abord pour repartir vers le sud ensuite! Question de faire encore plus de transport...























Nous sommes donc arrivés à Bilbao après 3 heures de train suivies de 12 heures de bus...de nuit! Nos corps commençaient à riposter contre ces transports interminables dans des positions si peu confortables et à des heures impossibles. Ils nous criaient "Dis, je le retrouve quand mon lit!?"

Aritz et Esti sont venus nous chercher avec leur énergie et leurs sourires bien à eux! Et le sillonnement de la côte des Pays Basques a débuté à bord de leur bolide. Arrêts cafés, bières, tapas/pintxos. Premier vent chaud, premier rayon de soleil à saveur estivale! Magnifique. Ils nous ont aussi préparés à notre retour imminent à la maison. Eux qui sont revenus en janvier de leur folle aventure de 8 mois à vélo, de la Grèce à la Mongolie.
Ils nous racontaient avoir eu une longue période d'adaptation une fois à la maison! Le retour dans la routine après un long moment à l'étranger demande un peu d'ajustement je crois. Retrouver des luxes qu'on se sent mal à l'aise d'avoir, mais qui sont si réconfortant. Replonger un peu contre soi dans la réalité.
Nous avons profité du weekend pour faire ballades en voiture sur la côte, rando, vélo, baignade. Aritz nous a amenés visiter la ferme de son père en s'arrêtant visiter des châteaux en chemin!
Durant leurs jours de travail, on a simplement fait la belle vie pour quelques jours, terrasses, café con leche, tortilla espanola! Pour laisser s'imprégner l'idée que c'était bientôt la fin de notre aventure et savourer les derniers moments.
J'étais triste de les quitter, mais je sais que je les reverrai un jour, fort probablement au Canada puisqu'Aritz a obtenu son visa de travail canadien! À bientôt les amis!

















The Derpak reunion

Le retour au Québec depuis quelques mois m'a déjà un peu déconnectée du voyage mais je m'y replonge à présent pour terminer ce projet d'écriture.

Le dernier chapitre de notre périple s'est déroulé en Europe, changeant complètement le rythme établi jusque là. D'abord le trajet Tallinn-Berlin avec James, puis l'arrivée en France, à Paris, où nous allions rejoindre Chris pour la réunion quasi complète des frères Derpak.

D'abord, le choc de retrouver de petits plaisirs oubliés. Pouvoir entendre parler français dans les salles d'attente des gares. Pouvoir se perdre dans les recoins d'une ville en sachant très bien qu'on a qu'à arrêter un passant pour simplement demander notre chemin de retour, sans carte et autres accessoires de communication. Une simplicité appréciée après tous ces mois à se débrouiller tant bien que mal pour se retrouver. Une liberté, un vent de fraicheur pour le cerveau. Aussi, les premières effluves du printemps après le froid sibérien et baltique. C'était aussi le bon vin, les croissants, les fromages, les saucissons, les crêpes savoyardes au coin des rues.

Retrouver de la famille, en fin de parcours certes, mais encore loin de chez soi, a été un plaisir! Partager un appartement du 5 ième arrondissement de Paris pendant une semaine avec James, Chris et son ami Andrew fut mémorable. Un peu d'abus de vin après une si longue période sans y avoir accès, je l'avoue! Mais aussi la découverte de cette ville-musée, si charmante quand il s'agit de s'y promener sans but et de s'y perdre. M'asseoir sur un des innombrables ponts et regarder un viel homme jouer de l'accordéon en souriant aux passants est tout ce que j'avais besoin!

J'ai aussi eu la chance de rencontrer la petite Maude puisque mes amis Lyne et Fred étaient à Paris en même temps que nous! Belle coïncidence et belles retrouvailles autour d'un petit diner improvisé.

Ah oui, il ne faut pas oublier le fameux marathon! James avait décidé de venir nous rejoindre quelques semaines durant notre voyage! Alors, réalisant que le marathon de Paris coïncidait avec ses dates, il s'est inscrit! Mais, le marathon étant à la fin de son voyage et non au début, l'effort requis a été plus intense que prévu. Disons que l'entrainement des semaines précédentes n'avait pas été très adéquat...haha!
Les derniers 10 kilomètres ont eu l'air pénibles mais l'encouragement d'un autre coureur lui tapant dans le dos et lui criant en français "vas-y mon gars" lui a donné l'énergie de terminer!